Lorsque j'étais une oeuvre d'art, Eric-Emmanuel Schmitt:
Que faire lorsque son corps lui devient étranger? Lorsqu'il a perdu sa condition d'homme pour devenir une oeuvre d'art ultime, une oeuvre d'art vivante au corps malléable?Eric-Emmanuel Schmitt est né en France dans la banlieue lyonnaise, le 28 mars 1960. Passionné de musique et de théâtre, diplômé de l'Ecole Normale Supérieure, il est agrégé de Philosophie en 1983. Il a écrit de nombreuses pièces de théâtre et son dernier roman, une autofiction, Ma vie avec Mozart est sortie récemment. Lorsque j'étais une oeuvre d'art est paru en France en 2002.
Un homme est sur le point de se suicider, contemplant le vide du haut d'une falaise. Zeus-Peter Lama, artiste sculpteur mondialement réputé, arrive juste avant qu'il passe à l'acte et lui propose un étrange pacte. Si après 24h, il ne lui a pas redonné goût à la vie, il le ramènera à la falaise et le laissera faire ce qu'il veut en paix. L'homme accepte, et 24h plus tard, signe un contrat avec l'artiste qu'il considère maintenant comme son bienfaiteur: Il lui lègue son corps entier pour que celui-ci en face une oeuvre d'art ultime. Complètement métamorphosé, pourvu d'un corps réinventé de toutes pièces qu'il ne maîtrise plus, et en tant que première oeuvre d'art vivante, il accède à la gloire.
On s’attache au personnage principal, dont la gloire laisse place au désespoir. N’appartenant plus à son propre corps, le personnage perd sa condition d’homme. Il ne contrôle plus sa propre vie, et se voit relégué au stade d’objet, d’œuvre d’art unique qui s’expose face à un monde indifférent. Telles sont selon E.E Schmitt les dérives de l’expression artistique.Un joli conte moral, une satire du milieu artistique mondain, un roman amusant et cruel, mais dont l’originalité ne pourra que vous séduire.
publié par Grandclement-Chaffy dans: Actualités
Casino Royal:
De Martin Campbell
Avec: Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen, Judi Dench...
Sortie le 22 Novembre 2006.
Nouvellement promu dans la section 00, l’agent du MI6, James Bond, doit, pour sa première mission, affronter Le Chiffre. Ce dernier, banquier du terrorisme international, acculé à la suite d’une banqueroute financière, organise un poker no limit afin de se refaire. Finir de le ruiner permettrait le démantèlement de nombreuses organisations criminelles. Dans cette mission, l'agent 007 se verra chaperonné par la superbe Vesper Lynd, attachée au Trésor, dont la tâche est de prendre soin l'argent du gouvernement britannique qui sert de mise.
Casino Royale nous dévoile les deux premières missions de James Bond en tant qu’agent double zéro. Il est alors loin d’être parfait, accumule les erreurs et les entorses aux règles. Pire que cela, il se fait manipuler d’un bout à l’autre du récit. Jamais l’espion de Ian Flemming n’avait paru si vulnérable à l’écran... et en même temps si sûr de lui et si invulnérable. Toute la mythologie 007 est subtilement passée au crible et le film nous permet de mieux appréhender le personnage : son rapport si particulier aux femmes, sa facilité à tuer, sa façon de fonctionner. Responsables de cette révolution : les producteurs Barbara Broccoli et Michael G. Wilson.
Pour cette nouvelle approche, il fallait un nouveau visage : Daniel Craig. Acteur britannique issu du cinéma indépendant qui s’impose avec une facilité déconcertante dans la peau de l’agent secret le moins discret de la planète. Amoral, brutal, sombre, réaliste, James Bond s’offre un véritable lifting. Oubliez les calambours douteux de Roger Moore ou l’élégance presque précieuse de Pierce Brosnan, ici nous avons à faire à un tank en smoking. C’est un jeune agent 00 que nous découvrons dans ce film. Il est fougueux, violent et se laisse volontiers guider par son ego.
Eva Green pour sa part campe une James Bond Girl atypique, aucune scène en maillot de bain, ni de présence lors des scènes d’action. C’est par sa sophistication et son intelligence qu’elle séduit.Dans le rôle du Chiffre, l’acteur Danois Mads Mikkelsen apporte par la subtilité de son jeu énormément de crédibilité à son personnage de méchant de service. Ici, ses motivations ne sont pas la domination du monde mais juste l’argent, ce qui le rend d’autant plus réaliste et inquiétant.
Les trois scénaristes (dont Paul Haggis, premier auteur à avoir travaillé sur deux longs-métrages ayant remporté l’oscar du meilleur film l’un à la suite de l’autre – Crash et Million Dollar Baby) ont admirablement réussi à jouer avec la franchise et à la détourner afin de ne pas faire sombrer le film dans le grand n'importe quoi des précédentes productions.
La réalisation de Martin Campbell se révèle excellente, sèche et rugueuse. L’homme qui avait donné un nouveau souffle à la série dans les années 90 avec GoldenEye a totalement modifié sa manière d’aborder le sujet. Le film est beau, tout simplement.
Au moyen de cadres subtils et d’éclairages léchés, il filme à hauteur d’homme les séquences intimistes et les montées d’adrénaline. Le pré-générique est un mini film à lui tout seul, expressionniste avec des cadrages exorbités tels un film de Fritz Lang, il exprime lors du premier meurtre toute la violence et la difficulté qu'il peut y avoir à tuer quelqu'un. Les séquences d’action, au final, peu nombreuses, marquent les esprits et font avancer le récit.
Par l’absence de certains détails qui étaient venus alourdir les scénarios au fil des années, certains pourront reprocher à Casino Royale de n’être qu’un film d’action classique. Justement, il se trouve qu’en son temps, James Bond contre le docteur No a révolutionné le cinéma, en jetant les bases d’un nouveau genre : le cinéma d’action. Casino Royale est au final l’un des meilleurs films d’action de l’année, et certainement le meilleur James Bond à ce jour.

www.casinoroyale.fr
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The Departed:
Avec Leonardo DiCaprio, Matt Damon, Jack Nicholson
Sortie : 29 Novembre 2006
Afin de mettre un terme au règne de Frank Costello, parrain de la pègre irlandaise de Boston, la police y infltre Billy Costigan, jeune agent issu des bas quartiers. Mais tandis que Costigan s’approche péniblement du premier cercle de pouvoir, une taupe à la solde de Costello intègre l’unité chargée de l’éliminer. Leur vie dans la balance, les deux infiltrés doivent composer et mener un double jeu.
Tout bascule le jour où chaque camp réalise qu’il est noyauté.

Ouvertement inspiré par Infernal Affairs, film hongkongais, Scorsese démontre une fois de plus qu’il est le pape incontesté du film de ganster. Son style propre, savant mélange d’hystérie spectaculaire et de moralisme discret que l’on connaissait déjà avec Les Affranchis et Casino est ici plus que maîtrisé.
Avec lui, l’approche de l’humain est précise et cruelle. L’alchimie entre la violence des images et des dialogues est sans faille.
Dans ce récit, l’ordre social n’est qu’une mascarade. Le médiocre devient fascinant et la morale des représentants de l’ordre sujette à caution.
Tout cela pourrait nous donner un « simple » bon film, mais c’est sans compter sur le talent de Martin Scorsese pour diriger ses acteurs : Matt Damon et Leonardo DiCaprio sont épatants et Jack Nicholson tout simplement impérial. Lorsque l’on sort de salle, on croit avoir vu un très bon film ; lorsque l’on y repense quelques heures plus tard, plus aucun doute, Les Infiltrés est un nouveau classique.
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Saw III:
De Darren Lynn Bousman
Avec : Tobin Bell, Shawnee Smith, Dina Meyer, Angus Macfadyen...
Sortie le 22 Novembre 2006.
Petit film d’horreur sans budget mais très ingénieux, « Saw » créa la surprise il y a trois ans. A l’origine du projet, James Wan et Leigh Whannel, tout juste sortis de leurs études, devinrent les nouveaux petits génies d’Hollywood. L’histoire de cet homme atteint d’un cancer en phase terminale faisant payer de façon cauchemardesque les ingratitudes de la vie, se révélait, en plus d’être originale dans le propos (les motivations du tueur frisaient le Shakespearien), surprenante par son coup de théâtre final.Succès oblige, une suite vit le jour. Scénario absurde au possible, casting d’acteurs plus mauvais les uns que les autres et réalisation épileptique sans talent et rapidement lassante. Aussi mauvais soit il, Saw 2 fut un carton au box office. Un troisième opus fut naturellement mis en chantier et le scénario fut de nouveau confié à Leigh Whannel.

Le tueur au puzzle sévit de nouveau alors qu’il était laissé pour mort à la fin du 2. Le docteur Lynn Devlon est kidnappée pour aider le tueur à moins souffrir de son cancer. En parallèle, un homme doit passer des épreuves pour sortir vivant d’un labyrinthe infernal, dévoilant à chaque nouveau passage, une des personnes liées à son chagrin, la mort de son jeune fils. Tout cela va naturellement finir par se rejoindre pour une ultime confrontation implacable.Follement passionnant n’est ce pas ?
Si le scénario rachète le précèdent opus, on est loin de la bonne surprise suscitée par le premier. Néanmoins, on atteint des sommets dans le gore et l’horreur. Ici pas de chichis, nous sommes au pays de l’excès et du crade. Et finalement, c’est ça qu’on aime dans ce cinéma.
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Inside Man:
De Spike Lee
Avec Denzel Washington, Jodie Foster, Clive Owen
Une banque de Wall Street, un commando grimé en faux peintres, une cinquantaine d’otage, un flic suspecté de corruption par sa hiérarchie, une lobbyiste, un riche banquier au passé sombre… Il n’en faut pas moins pour nous donner un des meilleurs des dernières années.
Scénario parfaitement huilé, bande son impeccable et casting de luxe, Spike Lee s’écarte du film engagé pour donner dans le film de genre. Cela ne l’empêche pas pour autant d’envoyer quelques piques politiques anti Bush. Quoiqu’il en soit les codes du thriller sont parfaitement maîtrisés, Denzel Washington et Clive Owen se livrent un splendide duel psychologique et les rebondissements sont nombreux. Cerise sur le gâteau, le style « Spike Lee » à savoir, une stylisation intelligente de ses mouvements de camera et des personnages cyniques aux personnalité parfaitement ciselé.
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Domino:
De Tony Scott Avec Keira Knightley, Mickey Rourke, Edgar Ramirez

“I am a Bounty Hunter”. Ceux qui ont vu le film l’ont bien compris, l’histoire est issu d’une histoire vraie et Keira Knightley reprend le rôle de Domino Harvey, une chasseuse de prime.
Tony Scott est l'un de ses réalisateurs qui, comme Oliver Stone par exemple, place leurs films dans une optique expérimentale pour offrir au spectateur une expérience viscérale et sensorielle.
Car oui, Domino est un film sensoriel et pas uniquement un blockbuster axé sur l’action.
Le réalisateur a fait un travail de post production énorme, dont on avait déjà pu voir les premières expérimentations dans Man on Fire, deux ans auparavant. Plus qu’il ne se regarde, Domino est un film qui se subit. Rare sont les plans de plus d’une demi seconde, les flashs fusent de partout à une vitesse incroyable, le montage est épileptique à souhait et les bruitages et la bande son sont parfaits pour tester vos nouveaux matériels audio.
Le problème est que le réalisateur essaye de pallier le manque de rythme évident par une surenchère d’effets qui finissent par ne plus accompagner le film mais en devenir la base principale.

« T’as vu Domino ? »
« Domino ? C’est pas le clip de 2h avec Keira Knightley ? C’est pas mal ouai mais c’est long et éprouvant ce truc. »
Domino, c’est un peu le porte parole de la génération MTV, l’apothéose selon certains mais en tout cas le paroxysme du film clippesque. Il n’y a tout simplement pas un plan du film qui n’écope pas d’un filtre ou d’un effet quelconque. Un bon coup d’essai mais pas un coup de maître. Mais dans le même style, c’est toujours mieux que le dernier Fast and Furious.

Heureusement Michael Mann avec son Miami Vice est là pour nous montrer qu’un film peut être viscéral sans être chargé d’artifices techniques à l’utilité relative.
publié par Grandclement-Chaffy dans: Actualités